Les scarifications à l'adolescence — Volet 3.1/7
- xpommereau
- 13 août
- 2 min de lecture
Pourquoi les scarifications soulagent-elles la souffrance ?
Ce troisième volet sera présenté en deux posts complémentaires.
Voici le premier :
Ce que nous apprennent les neurosciences
Celles-ci permettent aujourd'hui de mieux comprendre certains mécanismes par lesquels une douleur physique peut, paradoxalement, diminuer une souffrance psychique.
Avant le passage à l'acte, la plupart des adolescents décrivent une forte tension émotionnelle : angoisse, colère, honte, impression de perdre le contrôle.
Les études de neuro-imagerie suggèrent qu'à ce moment-là, les structures cérébrales impliquées dans le traitement des émotions — notamment l'amygdale, l'insula et le cortex cingulaire antérieur — voient leur activité augmenter, tandis que les régions préfrontales, qui participent à la régulation des émotions, peinent à exercer pleinement leur rôle de contrôle.
Autrement dit, l'adolescent est momentanément débordé par l'intensité de ses affects.
La scarification provoque une sensation qui mobilise immédiatement les systèmes cérébraux traitant la douleur. Cette stimulation entraîne :
· l'activation des systèmes inhibiteurs de la douleur ;
· la libération d'opioïdes endogènes.
Certaines équipes travaillent sur les phénomènes liés à la réparation cutanée qui pourraient contribuer au soulagement (libération de médiateurs immunitaires).
Le regard constamment porté sur la blessure en train de se former, puis sur le sang qui apparaît, pourrait lui aussi participer au processus d'apaisement. Cette scène mobiliserait fortement l'attention, interrompant momentanément les ruminations émotionnelles.
Un autre mécanisme paraît essentiel : le renforcement négatif.
À chaque fois que la tension émotionnelle diminue après une scarification, le cerveau apprend que ce comportement « fonctionne ».
Ce n'est pas la douleur qui est recherchée.
C'est le soulagement qu'elle procure.
Au fil des épisodes, cette association peut devenir extrêmement puissante.
Le cerveau tend alors à privilégier ce chemin neuronal déjà consolidé.
Les neurosciences laissent cependant entières d’autres questions.
Pourquoi certains adolescents en viennent-ils à ce mode de soulagement ? Parmi eux, pourquoi l'un se coupe-t-il les avant-bras, tandis qu’un autre choisit ses cuisses ? Pourquoi certains cachent-ils leurs blessures alors que d'autres semblent vouloir les laisser découvrir ?
Le cerveau explique le mécanisme.
Il n'explique pas le choix du symptôme.
C'est ce que nous tenterons de compléter dans le prochain post.

Commentaires