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Les scarifications à l'adolescence — Volet 2/7

  • Photo du rédacteur: xpommereau
    xpommereau
  • 13 août
  • 2 min de lecture

Ce que disent les adolescents qui se scarifient… Leurs paroles avant nos explications.

Une excellente question à poser à un(e) adolescent(e) en souffrance est celle-ci :

« T'arrive-t-il d'avoir envie ou besoin de te faire du mal ? Et si oui, comment ? » (pensez aux coupures, brûlures, lésions de grattage, coups auto-portés, etc.)

Lorsqu'il s'agit de scarifications (les plus fréquentes), les réponses reviennent avec une étonnante constance :

« Ça me calme quand je sens que je vais péter les plombs. »

« Ça évacue mon mal-être. Ça fait baisser la pression. »

« Cette douleur-là, au moins, je la contrôle. »

« Ça matérialise ma souffrance. »

« Ces sensations me prouvent que je suis encore vivant(e). »

« Après une crise, je me sens coupable. Il faut que je me punisse. »

« Je me déteste, je hais mon corps. »

« Je m'en veux de faire souffrir mes parents. »

« Je ne sais pas pourquoi je fais ça… après, je me sens mieux. »

« Il faut que j'aie des marques de ma souffrance. »

À travers ces paroles, plusieurs fonctions apparaissent.

Pour beaucoup, il s'agit d'abord d'apaiser une tension émotionnelle devenue insupportable. Le sang semble parfois couler à la place des larmes. La blessure agit comme une forme d'épanchement lorsque les mots ne suffisent plus.

Pour d'autres, la scarification représente une tentative de reprendre le contrôle. Une souffrance psychique diffuse, envahissante et invisible devient soudain une blessure concrète, visible, circonscrite et maîtrisable. En « reprenant la main », ils inscrivent leur souffrance sur une peau devenue la scène du mal-être, affichant ou cachant leurs plaies tels des écorchés-vifs.

Chez d'autres encore, c’est substituer la douleur physique à la souffrance psychique indicible qui compte. Certains disent même parvenir à un état d'anesthésie émotionnelle, comme si cette substitution volontaire avait une véritable valeur auto-calmante.

D'autres enfin expriment une profonde culpabilité, une autopunition, une haine de soi, ou encore le besoin de faire trace, de laisser sur leur corps une mémoire de ce qu'ils ne parviennent pas à oublier. Nous reviendrons, dans un prochain post, sur cette dialectique du « montré-caché », si caractéristique des scarifications.

Ces différentes fonctions ne s'excluent pas. Elles coexistent souvent chez un même adolescent.

Mais une chose mérite d'être soulignée.

Ces explications sont celles que les adolescents donnent eux-mêmes de leurs scarifications. Elles sont précieuses… mais elles ne suffisent probablement pas à rendre compte de toute la complexité du phénomène.

Car, derrière ce dont ils ont conscience, d'autres mécanismes — neurobiologiques, psychologiques et parfois inconscients — sont à l'œuvre.

Dans le prochain post, nous verrons pourquoi les scarifications procurent effectivement un soulagement transitoire et ce que les neurosciences nous apprennent sur ce phénomène.


 

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