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5/7 — Pourquoi certains adolescents cachent-ils leurs scarifications… tandis que d’autres les montrent ?

Photo du rédacteur: xpommereau
xpommereau
5 sept.
2 min de lecture

C’est probablement l’une des questions qui déroute le plus les parents.

Certains adolescents cherchent à les dissimuler sous des manches longues, ou des bracelets. Lorsqu’ils se scarifient sur les cuisses ou les hanches, ils expliquent souvent qu’ils ont choisi ces endroits pour éviter que leurs parents ne les découvrent. Nous verrons dans le prochain volet que cela peut avoir un autre sens.

À l’inverse, d’autres adolescents laissent apparaître leurs cicatrices, voire les exposent sur les réseaux sociaux. Comment expliquer cette différence ?

La scarification est un langage. Et, comme tout langage, elle est polysémique : un même geste peut répondre à des mécanismes psychiques très différents.

Dans la majorité des cas, les adolescents cherchent à dissimuler leurs blessures.

Ils éprouvent de la honte, de la culpabilité. Ils redoutent le regard des autres. Beaucoup vivent la scarification comme une tentative intime de réguler leur souffrance.

Or, très souvent et à leur insu, ces mêmes adolescents finissent par laisser entrevoir leurs blessures : une manche qui remonte, un geste qui expose, une lame souillée dans un lit…

Comme si une partie d’eux espérait, sans pouvoir le dire, que quelqu’un reconnaisse enfin leur souffrance.

C’est pourquoi, lorsque je demande à un adolescent :« T’arrive-t-il de te faire du mal en te scarifiant ? »et qu’il me répond « oui », je poursuis par une autre question :« Peux-tu me dire où tu te scarifies ? »

Si les lésions sont situées sur une partie visible du corps, je lui propose de me les montrer.

Si elles concernent une zone plus intime, je lui suggère d'aller aux toilettes les photographier avec son smartphone pour que nous les regardions ensemble.

Dans la très grande majorité des cas, il accepte.

À l’inverse, ceux qui exposent d’emblée leurs blessures vives ou leurs cicatrices, semblent vouloir dire : « Regardez dans quel état je suis. Je suis un écorché vif. Je suis à feu et à sang » Elles deviennent alors le témoignage visible d’une souffrance indicible.

Pour certains adolescents, elles constituent même la "mémoire vive" de ce qu’ils ont traversé.

Chez d’autres, notamment sous l’influence des réseaux sociaux, elles peuvent aussi participer à un sentiment d’appartenance ou d’identification. Et malheureusement susciter des imitations.

Une scarification n’est jamais seulement une coupure. Elle peut traduire une tentative désespérée d’apaiser une tension intérieure, une haine de soi, un traumatisme indicible, un appel silencieux à être reconnu, voire une marque identitaire en quête d'affiliation.

Dans le prochain volet, nous verrons pourquoi toutes les scarifications ne racontent pas la même histoire. Leur localisation, le moyen utilisé, leur répétition et leur contexte apportent souvent des informations précieuses.

 
 
 

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