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7/7 — Comment aider sans dramatiser… ni banaliser ?

Photo du rédacteur: xpommereau
xpommereau
5 sept.
2 min de lecture

Découvrir qu’un adolescent se scarifie provoque souvent de la peur ou de la colère. Pourtant, reproches, menaces et interrogatoires pressants ne font qu’accroître sa honte et son besoin de se cacher.

La première chose à faire est d’examiner la plaie avec calme et délicatesse. Frotter brutalement une blessure pour « lui passer l’envie de recommencer » serait aussi maltraitant qu’inefficace.

Soigner doucement, c’est traiter l’adolescent comme un écorché vif : auteur de son geste, mais victime d’une souffrance qu’il ne peut exprimer autrement. Il écrit même parfois « sacrifications » à propos de ses gestes.

Chercher à ouvrir le dialogue sans imposer le regard. Idéalement, « parler à la plaie » — manière explicite de reconnaître l’adolescent comme il est : « à vif ». On peut alors dire : « Je ne te juge pas. Si tu te blesses ainsi, c’est que tu souffres et que tu ne trouves pas d’autre moyen de t’apaiser. Je sais que cela ne s’arrêtera pas sur commande. Mais cherchons ensemble une autre façon de te soulager, sans avoir besoin de te faire du mal. »

Lorsque les larmes coulent, ne pas se précipiter pour les essuyer : elles constituent une expression naturelle et non délétère de la douleur. Pleurer « sur la plaie » peut même avoir une forte valeur symbolique.

Lorsque le dialogue devient possible, on cherchera à comprendre ce qui a précédé le geste : événement déclencheur, émotions, pensées, tension, moyen utilisé et soulagement obtenu. Non pour enquêter, mais pour repérer ce qui a conduit à la scarification.

Il faut aussi poser clairement la question des idées suicidaires. Toute intention suicidaire, tout scénario précis, toute impossibilité à se sentir en sécurité ou toute blessure grave impose de ne pas laisser le jeune seul et de l’orienter immédiatement vers un service d’urgence.

Chaque fois que l’adolescent parvient à différer le geste, à demander de l’aide ou à s’apaiser autrement, c’est déjà une victoire. On peut lui demander de noter ce qui l’a aidé dans un petit « carnet de correspondance » : lieu où s’apaiser, activité qui fait baisser la tension, mise à distance des objets utilisés. L’inviter également à représenter son geste par une œuvre personnelle (dessin, peinture…).

Les scarifications appellent une évaluation psychologique et médicale. Une psychothérapie adaptée peut aider à mettre des mots sur ce qui déborde et à développer d’autres stratégies d’apaisement. Un médicament n’est ni systématique ni une réponse directe aux scarifications ; il ne se justifie qu’en présence d’un trouble associé identifié.

Aider, ce n’est ni surveiller chaque centimètre de peau ni fermer les yeux. C’est soigner la blessure, entendre la souffrance, évaluer le danger et rester présent pour qu’une autre issue devienne possible.

Danger immédiat : 15 ou 112. Le 3114 répond 24 h/24

 
 
 

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