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Série « Les conduites suicidaires chez les jeunes » — 1. De quoi parle-t-on ?

Photo du rédacteur: xpommereau
xpommereau
il y a 6 jours
2 min de lecture

Un adolescent n’est pas « suicidaire » comme s’il s’agissait d’une identité. Il traverse une crise, plus ou moins intense et durable, au cours de laquelle sa perception de lui-même, des autres et de l’avenir peut se rétrécir jusqu’à lui donner le sentiment qu’aucune autre issue n’est possible.

Encore faut-il distinguer plusieurs situations.

Les interrogations existentielles sont fréquentes à l’adolescence : « Quel est le sens de ma vie ? », « Pourquoi faut-il vivre et pour qui ? » Elles ne constituent pas, en elles-mêmes, des idées suicidaires, mais leur contexte doit être pris en compte.

Les idées de mort vont plus loin : « À quoi bon continuer ? », « Je voudrais disparaître » Elles traduisent une souffrance ou le désir d’échapper à une situation devenue intolérable. 

Les idées suicidaires désignent, stricto sensu, le fait de penser à se donner la mort ou, à tout le moins, à rompre avec une situation jugée insupportable au point de mettre sa vie en jeu.

Elles peuvent être fugaces ou répétitives, rejetées ou peu à peu investies comme une solution possible. Elle impose d’aller plus loin : depuis quand sont-elles là ? À quelle fréquence reviennent-elles ? Qu’est-ce qui les déclenche ou les apaise ?

Le scénario — ou plan suicidaire — marque un degré supplémentaire.

L’adolescent a imaginé un moyen, un lieu ou un moment. Plus le scénario est précis, accessible et imminent, plus l’urgence augmente.

Il ne faut pourtant pas imaginer une progression obligatoire et bien ordonnée allant de l’idée de mort au suicide. Certaines crises évoluent lentement ; d’autres connaissent une accélération brutale, notamment sous l’effet d’une rupture, d’une humiliation, d’une consommation d’alcool...

La tentative de suicide (TS) traduit l’intention, même ambivalente, de mettre un terme à son existence.

Chez beaucoup d’adolescents, le désir de mourir coexiste avec celui d’être secouru, reconnu ou simplement délivré d’une souffrance devenue insupportable. Cette ambivalence ne diminue en rien la gravité de l’acte.

Une TS ne doit donc jamais être qualifiée de « théâtrale » ou de « chantage ». Sa gravité psychique ne se mesure pas uniquement à ses conséquences physiques. Un geste médicalement peu sévère peut révéler une détresse majeure.

On évitera également les expressions « suicide réussi », « suicide raté » ou « suicide abouti ». Il est plus juste de parler de tentative de suicide ou de décès par suicide.

Enfin, parler de crise suicidaire rappelle une chose essentielle : une crise a un début, une évolution et une fin possible.

Au moment où il envisage la mort, l’adolescent ne souhaite pas toujours cesser d’exister. Il veut surtout que cesse la vie devenue invivable qu’il mène à cet instant. Nous verrons comment l'aider à trouver une autre issue.

À noter : appeler le 3114 pour trouver une écoute et de l'aide. En cas de danger immédiat : 15 ou 112.

 
 
 

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